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journal d'information libre libre, fondé par le
grand Eugène, publié depuis par les éditions "le droit de l'ouvrir" à
parution. Numéro 108, octobre 2001
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Mis à part cette petite crainte tout continue à bien aller pour L’Arsouille. Merci pour vos courriers et suggestions, continuez à nous donner les e-mails de vos amis.
Certains d’entre vous ont regretté l’absence de la rubrique « Vrac » dans le dernier numéro : on se rattrape cette fois-ci.
ODEURS
Bush avait malencontreusement parlé de croisade. Sévèrement rappelé à l’ordre par L’Arsouille (n° 105) il a dû adopter depuis un vocabulaire plus convenable. C’est pourtant bien une vraie croisade contre l’argent sale que les américains disent vouloir mener. De qui se moquent-ils ?
Certes il leur a bien fallu admettre l’existence des paradis fiscaux et des arrangements pas très propres qui s’y déroulent. Mais il n’y a pas que les réseaux terroristes qui y font leur gras. Il y a aussi les réseaux de la prostiputation, de la drogue, des sectes, des financements politiques, bref des mafias de toutes sortes. On estime à plus d’un milliard de dollars par jour (7 milliards de nos futurs ex francs) les sommes « blanchies » chaque jour dans le monde. Cette saloperie est vraiment trop utile à un tas de gens biens pour qu’on la laisse tomber. D’accord, il est probable que, secret bancaire ou pas, il sera mis fin au réseau financier de Ben Laden (malgré son nom de machine à laver son argent sale est dans de beaux draps). Mais les autres mafieux n’ont rien à craindre, leur argent est réputé n’avoir pas d’odeur.
On
se rappelle comment les USA ont empêché l’aboutissement de l’enquête menée par
des juges suisses sur le détournement des milliards de dollars versés par le
FMI à
La vertu a des limites. Que les coquins soient donc tranquilles : el pognon akbar !
.
(lire sur le sujet l’ouvrage
de J. Maillard « Monde sans loi », paru chez Stock.)
Gastronomie
Loulou et Guy nous avaient invités à dîner. Mais ils avaient eu trop de boulot (le premier surtout) et ils nous ont amenés au resto. Et bien c’est une vraie belle découverte qu’on a faite. On vous recommande « Les Jumeaux » (73 rue Amelot, 01 43 14 27 00). Ce resto ainsi dénommé parce que les frères qui le tiennent sont pareils, l’un en cuisine l’autre en salle, est un bonheur. Aux murs d’abord quelques œuvres d’art contemporaines très originales (une sculpture de Nic notamment où c’est l’ombre portée sur le mur qui crée le sujet). Dans l’assiette ensuite et surtout. On a goûté à presque tout mais on attire particulièrement votre attention sur : le foie gras (il vaut même celui de Sarah), la papillote de moules au thym, la souris d’agneau braisée aux haricots tarbais ; les desserts aussi sont excellents, laissez vous donc tenter par les figues rôties aux copeaux d’orange ou la pastilla aux poires et amandes.
CROCOS
On vit quand même de drôles de moments à défaut de moments drôles. On ne sait plus qui est copain avec qui et réciproquement.
Hier encore, les républiques du sud de l’ancienne URSS étaient considérées comme des coins à haut risque. Et voilà qu’aujourd’hui l’Ouzbekistan prête ses bases aériennes aux USA (tout en précisant : pas pour s’en servir !). Le président ouzbek a dû méditer un vieux proverbe de son pays : « celui qui urine face au vent aura les pieds humides ».
De quoi noyer les intégristes dans le long fleuve des larmes de crocodiles qui se déversent sur le monde depuis le 11 septembre.
GASTRONOMIE
On le découvre à présent : les afghans n’ont plus rien à becqueter. Leurs généraux qui hier arboraient leurs médailles aimeraient aujourd’hui qu’elles soient en chocolat. Et après l’intervention des américains on va leur montrer, au nom de la liberté, des tas de publicités avec des femmes à poil.
On n’a pas peur qu’ils deviennent anthropophages ?
CINéMA
Avez-vous vu « Chaos » ? le dernier film de Coline Serreau est un grand film. Ne pas s’arrêter sur quelques extravagances, notamment des portraits taillés à la serpe. C’est une œuvre militante et, dans ce cas, la dentelle n’est pas de rigueur. La « cause des femmes » a rarement été défendue de façon aussi convaincante et le machisme rendu aussi habilement ridicule sans tomber dans le simplisme anti-mâle.
Ajoutez une interprétation excellente et vous obtenez un excellent film.
Le cinéma français montre là qu’il peut être grand sans effets spéciaux et sans gaudriole.
VRAC




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